- Mlle Okabe, je vois que vous avez fait connaissance avec Eliot, votre nouveau collaborateur ?
Devant mon air un peu hébété, il se mit à rire franchement :
- Chère Dominique....vous permettez que je vous appelle par votre prénom ?
Avant même que je n'eus le temps de répondre à ce détéstable personnage, celui-ci continua :
- Ce n'est pas parce que vous exercez un métier morbide qu'il vous faut renoncer aux plaisanteries !
Comme je ne trouvais aucun commentaire à émettre sur le sujet, il reprit, mesquin :
- D'ailleurs je suis sûr que Monsieur Satoru appréciera un peu d'humour de votre part, pour se changer les idées, quand il sentira notre poison nucléaire lui brûler les veines !
Mon agaçant patron allait se remettre à rire quand soudain Eliot se jeta sur lui en poussant un effroyable grognement. Un cri de terreur s'échappa de ma gorge et je me remis à trembler de plus belle.
Monsieur Matsumoto tomba à terre, entrainant son agresseur dans sa chute. Ce dernier, rapide comme l'éclair et visiblement trés enragé, passa ses menottes autour du cou de sa victime et serra de toutes ses forces. Ses beaux yeux bleus étaient révulsés de haine et il fit mine de mordre mon chef au visage, mais sa muselière l'en empêcha. Aussi, fou furieux, le gratifia-t-il d'un vigoureux coup de tête qui le laissa à moitié assomé.
Puis il griffa les joues de sa proie jusqu'au sang et essaya même de lui crever les yeux avec ses fins doigts assassins. Mon supérieur hierarchique hurla, mais contre toute attente, tout au fond de moi, ce n'était pas lui que je plaignais le plus.
