Nous nous fixâmes longuement en silence ; les yeux du psychopathe ne trahissaient aucune emotion. J'en avais complètement oublié mon analyse sanguine mais je n'avais pas laché la manche de sa chemise pour autant. Tout à coup, rapide comme l'éclair, et ceci malgré les grosses menottes qui immobilisaient presque entièrement ses mains, il attrapa mon poignet. Je poussais un petit cri et manqua m'évanouir de terreur ; ma seringue tomba à terre.
Son regard était très dur maintenant et sa voix pleine de sarcasme et de cruauté alors qu'il s'adressait à moi :
- La dernière femme à m'avoir approché d'aussi prêt que vous est morte tout de suite après. C'était une psychologue que le tribunal m'avait assigné ; elle était censée m'aider à vaincre mes démons intérieurs !
Il fit une pause pour ricaner, moqueur et méprisant à la fois, puis reprit, un rictus malveillant sur les lèvres :
- Je l'ai séduite et elle m'a libérée de ma muselière. Ensuite elle m'a détaché pour de bon et nous avons fait l'amour ensemble, dans son cabinet, lors d'une consultation un peu spéciale.
Eliot me faisait mal. Ses doigts pourtant fins étaient pareils à un terrible étau autour de mon frêle poignet. Mes jambes tremblaient tellement que j'avais toutes les peines du monde à rester debout. La respiration haletante, je m'écriais misérablement :
- Je vous en prie....lâchez-moi ! Vous me faîtes mal....
Il ne prêta même pas attention à mes dires et continua son horripilant récit de plus belle. Ses yeux lançaient des éclairs de haine à présent :
- Je l'ai tuée alors que nous étions en plein accouplement. Je lui ai arraché la langue et déchiqueté le sexe. Elle a hurlé, d'abord de plaisir puis de douleur.
Il fit une courte pause, comme pour réfléchir, puis reprit, plus pour lui-même que pour moi :
- C'était une expérience sexuelle très enrichissante pour moi et surtout très jouissive !
Sa voix s'était radoucie d'un ton mais ses paroles étaient toujours aussi abominables ; la nausée me prit une fois encore au ventre. Je ne pouvais plus bouger, ni même penser. J'étais tellement tétanisée qu'il ne me vint pas à l'esprit d'actionner le système d'alarme caché sous mes vêtements.




