Biohazard.....épisode 14 ....!!!!!

Je sentais que ses yeux étaient résolument posés sur moi. Sans doute Eliot était-il conscient de mon trouble, mais il ne fit aucune remarque. Je commis alors l'immense erreur de lever la tête vers lui et nos regards se rencontrèrent. Soudain je fus comme hypnotisée par ses pupilles bleues si incroyablement ensorcellantes et mon coeur s'affola dans ma poitrine.

Nous nous fixâmes longuement en silence ; les yeux du psychopathe ne trahissaient aucune emotion. J'en avais complètement oublié mon analyse sanguine mais je n'avais pas laché la manche de sa chemise pour autant. Tout à coup, rapide comme l'éclair, et ceci malgré les grosses menottes qui immobilisaient presque entièrement ses mains, il attrapa mon poignet. Je poussais un petit cri et manqua m'évanouir de terreur ; ma seringue tomba à terre.

Son regard était très dur maintenant et sa voix pleine de sarcasme et de cruauté alors qu'il s'adressait à moi :

- La dernière femme à m'avoir approché d'aussi prêt que vous est morte tout de suite après. C'était une psychologue que le tribunal m'avait assigné ; elle était censée m'aider à vaincre mes démons intérieurs !

Il fit une pause pour ricaner, moqueur et méprisant à la fois, puis reprit, un rictus malveillant sur les lèvres :

- Je l'ai séduite et elle m'a libérée de ma muselière. Ensuite elle m'a détaché pour de bon et nous avons fait l'amour ensemble, dans son cabinet, lors d'une consultation un peu spéciale.

Eliot me faisait mal. Ses doigts pourtant fins étaient pareils à un terrible étau autour de mon frêle poignet. Mes jambes tremblaient tellement que j'avais toutes les peines du monde à rester debout. La respiration haletante, je m'écriais misérablement :

- Je vous en prie....lâchez-moi ! Vous me faîtes mal....

Il ne prêta même pas attention à mes dires et continua son horripilant récit de plus belle. Ses yeux lançaient des éclairs de haine à présent :

- Je l'ai tuée alors que nous étions en plein accouplement. Je lui ai arraché la langue et déchiqueté le sexe. Elle a hurlé, d'abord de plaisir puis de douleur.

Il fit une courte pause, comme pour réfléchir, puis reprit, plus pour lui-même que pour moi :

- C'était une expérience sexuelle très enrichissante pour moi et surtout très jouissive !

Sa voix s'était radoucie d'un ton mais ses paroles étaient toujours aussi abominables ; la nausée me prit une fois encore au ventre. Je ne pouvais plus bouger, ni même penser. J'étais tellement tétanisée qu'il ne me vint pas à l'esprit d'actionner le système d'alarme caché sous mes vêtements.
Biohazard.....épisode 14 ....!!!!!

# Posté le jeudi 24 août 2006 16:37

Biohazard.....épisode 15....!!!!!

Biohazard.....épisode 15....!!!!!
Pendant un court instant, un silence quasi-monarcal régna dans la pièce ; seul mon souffle saccadé était audible. Puis Eliot jugea bon de préciser, l'air songeur :

- En fait, je compte bien renouveler cette plaisante expérience sexuelle ! J'attends juste qu'une nouvelle occasion se présente à moi...

Il me regarda avec des yeux de prédateur affamé et soudain, à ma très grande surprise, me fit un magnifique sourire qui me toucha jusqu'au plus profond de mon être, ceci malgré l'immense terreur qui me paralysait tous les sens. Même sa muselière me parut moins hideuse tout à coup. Mais cet emoi chaleureux fut bien vite réduit à néant car le cannibale s'écria d'une voix étrangement suave :

- Je me demande quel goût votre chair peut bien avoir...

A ces mots, mon sang ne fit qu'un tour dans mes veines et, plus paniquée que jamais, je perdis mon self-contrôle. Pareille à une démente en pleine crise d'hystérie, je me mis à gigoter et à crier :

- Lâchez-moi ! Vous êtes un monstre...

Il fallait absolument que je me libére des griffes de ce satané Eliot car ma santé mentale était en jeu à présent. Le criminel éclata de rire franchement, puis il me lança d'une voix sadique, les yeux pétillants de malice :

- Pourquoi ne déclenchez-vous pas l'alarme qui est dissimulée sous vos vêtements ?

Je crus devenir folle pour de bon. Comment pouvait-il savoir ? Je voulus parler, mais plus aucun son ne sortit de ma gorge nouée par la frayeur. Tout s'embruma dans mon esprit et mes oreilles se mirent à bourdonner. Comme à travers un épais voile, j'entendis Eliot répondre à ma question muette :

- La psychologue portait le même dispositif soit-disant discret sur elle !

Ensuite tout se passa très vite. Je gesticulais toujours à m'en tordre le poignet, mais mon bourreau ne semblait pas vouloir lâcher prise. Soudain, je trébuchais à travers les grosses chaussures à plateau du captif et m'écroulais sur lui.

# Posté le vendredi 25 août 2006 17:45

Biohazard.....épisode 16....!!!!!

Biohazard.....épisode 16....!!!!!
Eliot me tenait toujours fermement le poignet. J'étais complètement étalée sur lui maintenant, ma main gauche en appui sur sa cuisse, tout près de son entre-jambe. Plus terrorisée que jamais encore dans ma vie, j'essayais péniblement de me redresser, mais je tremblais tellement que je n'étais même pas certaine de pouvoir tenir debout.

Lentement je levais les yeux vers le tueur, m'appretant à marmonner un vague mot d'excuse quand soudain je me retrouvais nez à nez avec sa muselière. Son visage était si prêt du mien que je sentais son souffle chaud sur ma bouche ; l'horrible grille qui emprisonnait sa machoire frôlait ma peau. Ce contact froid me fit tressaillir mais je n'eus pas le temps de réagir, ni même de réfléchir à ce qui m'arrivais vraiment. Mon coeur manqua cesser de battre quand le bout de la langue d'Eliot, se faufilant habillement entre les petits barreaux metalliques, vint lêcher mes lèvres entrouvertes.

Malgrè mon immense frayeur, un long frisson de plaisir traversa mon corps tout entier pour aller exploser dans mes entrailles et, à mon très grand étonnement, ma langue se colla à la sienne, presque malgrè moi, comme si elle était mue par une volonté propre. D'emotion ma main glissa sur le cuir noir de son pantalon et mes doigts tremblants échouèrent sur son sexe. Son membre gonfla aussitôt sous l'effet de l'excitation et Eliot poussa un petit râle de désir tout contre ma bouche.

Sa main n'était plus aggripée à mon poignet. Ses fins doigts bagués s'étaient mêlés aux miens et me caressaient doucement. A présent j'aurai pu fuir, mais curieusement, je n'en avais plus la force, ni même le désir. Nos langues se lêchaient inlassablement, tantôt tendrement, tantôt plus fougueusement, faisant naître en moi de folles sensations de bonheur. Mon intimité s'enflamma soudain et j'en vins à haïr cette maudite muselière qui faisait obstacle au ballet humide de nos bouches.

Une fois encore, j'en oubliais que c'était un dangeureux tueur cannibal que j'embrassais, et que c'était precisemment la présence de la grille métallique entre nous qui rendait ce baiser possible et surtout si excitant. Hélas, Eliot brisa bien vite le charme de notre étrange étreinte interdite en me ramenant brutalement à la detestable réalité. Quelque peu moqueur et pervers, il me susurra à l'oreille :

- Vous sentez délicieusement bon, mademoiselle Okabe. J'ai hâte de vous goûter d'avantage....

# Posté le lundi 28 août 2006 14:56

Biohazard.....épisode 17....!!!!!

Biohazard.....épisode 17....!!!!!
Malgré les mots terriblements déroutants et plutôt terrifiants d'Eliot, j'eus enormement de mal à sortir de ma douceureuse torpeur. Comme à regret, j'abandonnais ma prise sur sa virilité en érection et je parvins à me remettre debout, au prix d'un ultime effort. Mais le psychopathe ne semblait pas pressé de lâcher ma main ; avec son pouce, il caressait délicatement ma paume. Nous nous regardâmes longuement. Ses beaux yeux bleus brillaient d'une lueur à la fois ensorcellante et horripilante, un affolant mélange de désir et de cruauté en fait.

Vicieux, il murmura l'air faussement outré :

- Pourquoi avoir lâché mon sexe ? Je trouvais vos attouchements très érotiques....

Gênée et toujours aussi pérturbée, je rougis jusqu'à la racine de mes cheveux. Mi-ange mi-démon, le tueur me fit un sourire charmeur qui en disait très long sur le contenu de ses pensées ; nos doigts entrelacés jouaient toujours ensembles. Sa voix se fit de plus en plus sensuelle et mieleuse alors qu'il s'adressait encore à moi :

- Enlevez-moi la muselière ! J'ai envie de sentir votre langue dans ma bouche...

Mon coeur battait à nouveau la chamade et son enivrant parfum me faisait tourner la tête, mais je réussis à retorquer d'une petite voix audacieuse :

- Pour que vous puissiez mieux me dévorer et déchiqueter mes lèvres ?

De plus en plus excité par les allèchantes perspectives qui s'offraient à lui, Eliot osa répondre dans un souffle :

- Oui, entre autre...

Ma tension artérielle grimpa en flèche. Soudain excédée par ce petit jeu de séduction morbide, je retirais vivement ma main de celle du cannibale et m'écriais courageusement :

- Non merci ! Je ne veux pas finir comme votre psychologue !

Eliot éclata d'un rire de dément, puis jugea utile de préciser, plus sadique que jamais :

- C'est pourtant bien ce qui va vous arriver, mademoiselle Okabe ! Vous allez mourir d'extase dans mes bras !

Il repartit d'un rire pervers qui m'aggaça au plus haut point. Je tremblais à nouveau de plus belle, de colère plus que de frayeur cette fois-ci. Cependant, je restais calme et digne ; je ne voulais pas lui faire le plaisir de rentrer dans son jeu macabre. D'une voix ferme et déterminée, je m'écriais :

- Monsieur Satoru, nous allons faire une petite pause maintenant. Dans une demi-heure, nous ferons les examens préliminaires puis nous attaquerons les premiers tests nuclèaires.

Sans lui laisser le temps de répondre, je me détournais de lui. Il fallait absolument que je quitte cette pièce au plus vite.

# Posté le mercredi 30 août 2006 18:48

Biohazard.....épisode 18....!!!!!

Je passais en trombe devant les gardes armés qui surveillaient mon laboratoire. L'un des deux hommes me demanda, inquiet :

- Y a-t-il un problème, docteur Okabe ?

Quelque peu dépassée par les évènements, je grommelais vaguement en guise de réponse :

- Non, aucun ! Nous faisons simplement une petite pause. Mais gardez quand même un oeil sur monsieur Satoru !

- Très bien docteur !

Le gardien semblait rassuré et surtout heureux de ne pas avoir à intervenir dans mon travail avec le redoutable criminel. Une fois arrivée dans la cour intérieure de l'établissement pénitentiaire, je me laissais choir sur un banc, complètement anéantie psychologiquement.

J'avais l'impression de toujours sentir les fins doigts d'Eliot mêlés aux miens et mes lèvres étaient comme marquées au fer rouge par les délicieuses caresses de sa langue experte. J'en frissonnais encore de plaisir et toutes mes pensées étaient sens dessus-dessous. Comment avais-je fais pour me retrouver dans une situation aussi dangeureuse et émotionnellement ambigue ? Une fois de plus, je me maudissais d'avoir accepté de mener à bien ces expériences nucléaires sur un être humain, fut-il un ignoble tueur.

Je n'avais évidemment jamais imaginé que mon cobaye puisse avoir la beauté d'un ange et les techniques subtiles de séductions d'un charmeur invétéré. Dans ma tête, un meurtrier mangeur d'hommes devait obligatoirement être laid et repoussant ; j'avais donc supposé, à tort je m'en rendais bien compte, que ma monstrueuse tâche allait s'en retrouver facilitée. En fait, j'étais stupidement tombée dans le piège des idées préconçues et maintenant j'étais prisonnière de mes sentiments et de mes remords.

Je n'avais aucune chance de sortir entièrement indemne de cette mortelle aventure, je ne me faisais nulle illusion. Au mieux je pouvais espèrer m'en tirer avec une conscience irrémédiablement endommagée, au pire Eliot me tuerait. A cette effroyable évocation mon coeur s'affola à nouveau dans ma poitrine mais en même temps, j'eus une illumination soudaine. Il fallait absolument que je me reprenne si je voulais survivre à ma mission.

Je décidais donc de reléguer mes états d'âmes aux oubliettes une bonne fois pour toute et d'assumer mes responsabilités de chercheuse immorale. Il n'était plus question de tomber sous les charmes ravageurs du tueur à l'apparance angélique ; en réalité il s'agissait là d'une confrontation à mort entre Eliot et moi et je ne voulais en aucun cas être celle qui allait y laisser sa peau. Je devais donc agir en consèquence.

Forte de ces bonnes résolutions, je regagnais mon laboratoire, prête à démarrer mes fameux tests nucléaires. Eliot semblait s'être assoupi sur son fauteuil de mort ; sa tête blonde reposait mollement sur son épaule et sa respiration était paisible et régulière. J'admirais son sang froid. Comment pouvait-il dormir alors que je m'apprêtais à lui faire subir des tests qui allaient le tuer à petit feu ? Décidemment, cet homme était des plus énigmatiques.

Luttant contre l'envie irrépressible de fuir cette prison de malheur, je me mis en devoir de préparer une nouvelle seringue pour mon premier prélévement sanguin sur le psychopathe.
Biohazard.....épisode 18....!!!!!

# Posté le samedi 02 septembre 2006 15:31