Quel était le véritable but de ces douteuses expériences nucléaires, en fin de compte ? Y avait-il de réels intêrets scientifiques en jeux où s'agissait-il uniquement de punir un criminel fou pour ses monstrueux méfaits en le torturant cruellement jusqu'à ce que mort s'en suive ? Je ne savais vraiment plus que penser et j'avais de plus en plus de peine à rester objective dans toute cette macabre affaire.
Le lendemain, je me rendis au centre pénitentiaire, plus confuse et pensive que jamais. Mais l'horrible réalité me rattrapa bien vite : deux ambulances et un camion de secouristes des pompiers étaient garés devant l'entrée. L'indomptable Eliot avait certainement encore fait des siennes ! Redoutant le pire, je me mis une fois de plus à trembler de la tête aux pieds.
Mes craintes s'avérèrent fondées. Monsieur Matsumoto vint à ma rencontre ; son oeil gauche était recouvert d'un bandeau et il était à deux doigts d'exploser de haine :
- Ce salopard de cannibale a encore attaqué deux de mes hommes ! Mais cette fois-ci, il ne va pas s'en tirer comme ça !
Mon sang ne fit qu'un tour. A nouveau complètement paniquée, je demandais en bredouillant :
- Est-ce qu'il y a eu des morts ?
Fou de colère, mon patron hurlait presque :
- Un de mes gardiens est mort, oui hélas ! Et l'autre est grièvement blessé !
Un frisson glacé courut le long de ma colonne vertébrale. Mais en même temps, une étrange curiosité malsaine s'empara de moi ; malgré ma très grande peur, je voulus connaître des détails :
- Que s'est-il passé ?
Morgan souffla bruyamment, pesta intérieurement, puis daigna enfin répondre :
- C'était probablement une tentative d'évasion. Il a agressé les gardes lorsque ces derniers lui ont apporté son repas. A ce moment-là, Eliot ne portait pas sa muselière, ni ses menottes. Il en aura profité pour passer à l'attaque ! Quelle ordure, ce type !
J'en restais muette de stupéfaction. Mon chef reprit, toujours aussi enragé :
- Je ne comprends pas comment un incident aussi déplorable a pu se produire ! Mes agents avaient pourtant l'habitude de lui apporter à manger ! Et ils étaient extrêmement bien armés !



